Posté le: Jeu Déc 06, 2007 3:09 pm Sujet du message: [A voir] La Clef de Guillaume Nicloux
Après "Une Affaire Privée" et surtout le magnifique "Cette Femme-là" interprété par une Josiane Balasko méconnaissable, Guillaume Nicloux - porté par un casting exceptionnel - revient à son genre de prédilection : le polar noir... très noir ...
Attiré par les atmosphères noires des polars - et plus particulièrement celle des films de Jean-Pierre Melville, Guillaume Nicloux est aujourd'hui l'un des auteurs incontournables de la nouvelle vague du polar français.
Cette clé plonge son héros au coeur d'une machination infernale sur fond de quête identitaire ... celle du père. Un sujet qui ne peut laisser indifférents tous ceux qui, comme moi, sont devenus un jour père à leur tour !
la bande-annonce de La Clé :
A suivre de près ...
Citation:
Un film de Guillaume Nicloux
avec Guillaume Canet, Marie Gillain, Vanessa Paradis, Josiane Balasko, Jean Rochefort, Thierry Lhermitte ...
(France)
Genre : Thriller
Distributeur : SND
Sortie en salles le 19 Décembre 2007
Synopsis :
Depuis peu, Eric Vincent, trentenaire sans histoire, a un fort sentiment de malaise. Est-ce la peur d'avoir un enfant ou celle de voir brutalement ressurgir le fantôme d'un père qu'il n'a jamais connu ?
Un matin, un inconnu l'appelle pour lui proposer de récupérer les cendres de son père. D'abord réticent, il finit par accepter et se retrouve alors plongé au coeur d'une machination infernale...
Autour du film : Interview de Gillaume Nicloux
De quoi parle « La Clef » ?
D’un jeune homme au cœur d’une quête identitaire, et plus particulièrement d’un homme qui a besoin de savoir d’où il vient afin de devenir père à son tour. Par le prisme de plusieurs intrigues, « La Clef » pose ainsi les éléments qui tournent autour du thème de la paternité et de ses engagements. Un fils doit-il payer pour les fautes commises par son père ? Doit-il les avoir résolues avant de pouvoir devenir père lui-même ?
Pour quelles raisons choisir ce thème ?
Parce qu’il me touche en tant que père et en tant que fils. C’est un sujet de questionnement assez vaste d’ailleurs pour ne pas faire l’objet que d’un seul film. Je pense qu’un homme est éternellement poursuivi par l’image paternelle, son poids et son acceptation, c’est même ce qui le guide durant toute sa vie. C’est un élément essentiel de construction ou de destruction pour chacun d’entre nous.
Pourquoi avoir écrit une histoire qui se passe sur plusieurs époques ?
Ce procédé d’écriture m’intéressait à mettre en place, sa complexité rendant l’ossature scénaristique particulièrement délicate. De plus, suivre le destin d’un personnage évoluant dans une période antérieure a bien évidemment eu des répercutions sur le destin des deux autres. Cet effet de cascade événementiel et ce mélange de temporalité m’a permis d’éclater les résolutions, et également de ne pas concentrer l’explication du film sur le personnage principal.
Quel rapport entretenez-vous avec votre « l’histoire » et son principe de résolution ?
Un rapport ambigu. J’aime être fortement imprégné et guidé par ce que je raconte tout en m’accordant un maximum de liberté et d’imprévu au moment du tournage. J’aime également les fins « ouvertes », où le spectateur n’est pas tenu de comprendre une solution type mais où chacun a la possibilité d’imaginer son propre cheminement. L’intérêt et la difficulté étant d’offrir les clefs principales tout en préservant celles que l’on désire lui voir chercher.
Pourquoi avoir repris des personnages appartenant à vos films précédents : « Cette Femme-là » et « Une Affaire privée » ?
« La Clef » n’est pas spécifiquement lié à « Cette Femme-là » ni à « Une Affaire privée ». Il n’est pas nécessaire d’avoir vu les précédents opus pour comprendre les enjeux de celui-ci. Mais j’ai souvent essayé de poursuivre et de nourrir les personnages que j’ai créés dans d’autres films, de garder un lien avec eux. Et puis lorsqu’il a fallu inventer les personnages d’un enquêteur privé et d’un flic j’ai préféré faire appel à ceux que je connaissais le mieux.
Comment choisissez-vous vos comédiens et comment les dirigez-vous ?
Le choix se fait souvent en les rencontrant et rarement grâce à leurs performances dans d’autres films. Je les vois et je me dis : « C’est mon personnage. C’est lui qui va pouvoir apporter tout ce que je n’ai pas inscrit dans le scénario ». J’y vais donc à l’instinct, sans essais, ni lecture, en parlant le moins possible du personnage avec eux. Pour moi, la direction d’acteur réside, en grande partie, dans le choix du comédien. Ensuite, c’est la façon dont vous organisez l’espace et les déplacements autour de lui, qui compte. Installer un climat et une tension qui donnent la tonalité, puis chercher ensemble et les laisser inventer.
En quoi Guillaume Canet est-il Éric Vincent, le héros de « La Clef » ?
Par sa sympathie naturelle et sa spontanéité, et ce malgré les doutes et les épreuves que traversent le personnage. Si vous voulez vous attacher à un anti-héros qui va être dépassé par les événements, il est important d’avoir un comédien capable de créer une empathie immédiate, et non pas quelqu’un qui fonctionne sur la rétention.
« La Clef » est-il un film noir ?
Si l’on considère que le film noir traite autant de l’intrigue que de ce qui l’enrobe, où l’atmosphère et le climat prévalent sur les enjeux dramatiques, alors oui, je crois que « La Clef » respecte ce principe.
Quels ont été vos partis pris de réalisation ?
Contrairement à mes deux films précédents, où j’attachais beaucoup d’importance à nourrir l’arrière-plan, « La Clef » n’en a pas. Il est tourné de façon extrêmement frontale, axé sur les comédiens et leur quotidien. Il n’est pas utile de fouiller l’image et de se détacher des personnages pour découvrir d’autres strates de lecture. Je suis ainsi revenu à une méthode de travail plus proche de mes premiers films tel que « Faut pas rire du bonheur » ou « La Vie crevée », avec une équipe légère réduite et une infra structure quasi neutre.
En tournant caméra à l’épaule et avec un objectif unique…
C’est une façon d’évacuer au maximum les contraintes techniques afin de se concentrer exclusivement sur le jeu. Les comédiens dictent la dynamique d’une scène, et je me suis attaché à respecter au maximum cette donnée : les regarder prendre possession de l’espace et adapter le filmage en conséquence.
Que vous a permis de réaliser finalement et personnellement « La Clef » ?
De savoir ce vers quoi je veux aller, vers quel type d’histoire. Le sentiment d’avoir amorcer un virage. J’aimerais traiter de plus en plus de « l’amour » en règle générale, et le thème de la paternité m’a permis d’explorer un nouveau champ émotionnel qui jusqu’alors m’était inconnu.
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