Anna toutmoncinephile

Inscrit le: 29 Oct 2007 Messages: 38 Localisation: Bordeaux
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Posté le: Lun Oct 29, 2007 8:07 pm Sujet du message: Control (2007) d'Anton Corbijn |
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| Citation: | Date de sortie : 26 Septembre 2007
Réalisé par Anton Corbijn
Avec Sam Riley , Samantha Morton, Alexandra Maria Lara
Film britannique.
Genre : Biopic
Durée : 1h 59min.
Film présenté en ouverture de la quinzaine des Réalisateurs 2007.
Caméra d'Or au Festival de Cannes 2007
Synopsis :
La vie de Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais Joy Division. Tiraillé entre sa vie de famille, sa gloire naissante et son amour pour une autre femme, Ian Curtis s'est suicidé le 18 mai 1980, à la veille de la première tournée américaine du groupe qui s'annonçait triomphale. Ian Curtis a changé le rock, sans le vouloir, sans le savoir.
le lien vers le site officiel :
http://www.myspace.com/controlfilm
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Un film touché par la grâce, qui risque de faire passer pour minable tout ce qui s'est fait ces dernières années dans le domaine très à la mode du biopic musical - même les réussites telles que Walk the line auront l'air, en comparaison de ce chef-d'oeuvre, convenues et niaises. Pour son premier film, le photographe rock Anton Corbijn s'intéresse à la vie pour le moins torturée de Ian Curtis, chanteur du groupe Joy Division, dont la mort tragique est à l'image de l'existence que celui-ci ne parvint jamais à prendre en main et à laquelle il mit fin à l'âge de vingt-trois ans. Le cinéaste s'intéresse moins au parcours musical de l'artiste (pas de success story ici) qu'à sa vie personnelle qui ne cessa d'influencer, positivement ou négativement, son oeuvre. Ainsi, Control est susceptible de toucher, d'émouvoir, de bouleverser même ceux qui ne connaîtraient (comme moi il y a quelques jours) de Joy Division que le refrain déchirant de Love will tear us apart. Control est en fait le portrait d'un homme qui traversa sa courte vie dans l'indécision la plus totale et fit l'expérience de toutes les contradictions inhérentes à l'homme : le corps contre l'âme (ses crises d'épilepsie à répétition furent la grande tragédie de la vie de Ian Curtis), les désirs contre les désirs (l'incapacité à choisir entre deux femmes qu'il aime), l'art contre la mort... ou contre la vie. La photographie noir et blanc, crépusculaire, est à couper le souffle et s'avère une enveloppe parfaite pour conter l'existence tragique du chanteur. Control est un film profondément rock, dans le sens beau et fort du terme, c'est-à-dire qu'il interroge le destin d'un homme, sa réalisation (imparfaite) à travers la musique et son inadéquation à la vie "normale". Les scènes musicales, finalement peu nombreuses, révèleront la beauté des chansons de Joy Division, aux paroles et aux mélodies comme des coups de poing dans le ventre, pleines de poésie et de désespoir. Dans le rôle titre, la gueule-d'ange Sam Riley fait plus qu'interpréter la légende rock qu'est Ian Curtis : à ce niveau-là, c'est une véritable incarnation, frappante de justesse, à tel point que le visage de l'acteur et celui de l'artiste ne font qu'un. Ce jeune homme est sans contredit une des révélations de l'année, tant il restitue à merveille les failles et les doutes d'un homme auquel finalement chacun peut s'identifier en partie. Control est un film profondément bouleversant, sinistre certes, mais qui sonde des questions existencielles. Il me poursuivra longtemps.
ma note : = exceptionnel |
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Rosenberg
Inscrit le: 14 Nov 2007 Messages: 1
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Posté le: Mer Nov 14, 2007 1:32 am Sujet du message: |
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J'aime beaucoup le groupe ,ce qui fait que j'ai passer un bon moment devant ce film, mais je trouve tout de même qu'il n'est pas génial.L'image, les cadres, le noir et blanc sont en effet très pertinents pour évoquer la vie de Ian Curtis : ses sentiments en contraste interiorisé, ne peuvent s'exprimer, c'est à dire se concrétiser, que sous une forme tendue, qui semble tenter de s'extérioriser avec brutalité ( à l'image de la musique de Joy Divison). Sur ce point Anton Corbijn parait réussir d'une manière analogique, illustrative, à nous placer face à ce qu'est la musique de Joy Division (une oraison funèbre à la fois combative et lancinante qui essai de transcender lafrustration).Seulement, la narration adopte le point de vue de la veuve attristée et ne se penche pas assez à mon goût au dessus d'une réflexion réelle sur ce qu'est la musique de Joy Division. On comprend que l'homme est torturé par un destin qui n'est pas le sien, par la fatalité de ses désirs qui s'abat sur ses engagements passés hâtifs; mais cette dimension existentiel reste en superficie du film alors qu'elle pourrait en faire partie inhérente, au travers de la musique du groupe. Certain plans, qui laissent entrevoir la beauté du style épuré de Ian Curtis, ou d'autres qui l'oppressent dans un corps qu'il ne contrôle pas (qu'il ne comprend pas, qu'il n'assume pas) sont plutôt réussis.
C'est un film intéressant mais qui bascule dans le mélodramatique (annonce du suicide quelques séquences avant la scène concernée, pleures de la veuve) sans vraiment jamais entrer dans le sujet (la musique comme tentative ratée d'évasion, l'adolescence en pleine désillusion ). Ian Curtis est plus filmé comme une icone pop, une belle gueule du rock torturé, mais aucun sujet, aucun point de vue intéressant n'est pris (si ce n'est l'esthétique pure), on entre pas dans le vif du suet.Il n'y a pas vraiment de problématique posée, on se place juste dans la contemplation d'une perte de contrôle accompagné d'un peu de pitié. Le public visé est un public de fans, l'influence de la photographie reste trop présente est ne permet pas au realisateur d'utiliser pleinement le cinéma, qui se contente d'une beauté formelle bien présente mais sans grand intérêt. |
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