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La Soif du Mal (1958) de Orson Welles

 
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Auteur Message
lesbellesmanieres
toutmoncine[admin]


Inscrit le: 28 Aoû 2007
Messages: 721
Localisation: nanterre

MessagePosté le: Lun Oct 22, 2007 4:24 pm    Sujet du message: La Soif du Mal (1958) de Orson Welles Répondre en citant




La Soif du Mal s'ouvre sur l'un des plus beaux (et plus long?) plan séquence de l'histoire du cinéma. Une main amorce une bombe, la cache dans le coffre d'une voiture et ... la caméra devient alors aérienne, virevoletant autour de tout ce petit monde qui bouge et grouille en fin de soirée, suivant cette voiture et ses occupants ... les secondes, les minutes passent ... un soir comme un autre, ou presque, à la frontière mexicaine. Le plan séquence prend fin au moment précis où la bombe ... explose !
La plongée au coeur de la corruption, à la frontière du bien et du mal peut alors commencer...

Avec ce film, malgré toutes les péripéties qui l'entourent (cf. ci-dessous), Orson Welles signe une de ses oeuvres majeures. La beauté d'un noir&blanc aux forts contrastes, une intrigue se déroulant quasi exclusivement la nuit, une lumière qui joue sans cesse sur les ombres portées des personnages, un soin tout particulier apporté aux ambiances sonores et musicales, la puissance évocatrice des premiers et deuxièmes rôles ... avec, évidemment, un Orson Welles méconnaissable dans l'incarnation même du mal et de la corruption en la personne du chef de la police locale, Hank Quinlan.
Tous les ingrédients s'imbriquent les uns dans les autres, avec le génie que l'on connait à son réalisateur, pour faire de cette soif du mal un des plus grands films du 7ème Art.

A voir absolument, dans sa version remaniée au plus près des souhaits de Orson Welles, grâce à son édition DVD de 2005.


Arrow ma note : Laughing = exceptionnel


Idea pour le plaisir, le plan séquence d'ouverture de La Soif du Mal, c'est par-là

Citation:

Un film d'Orson Welles
avec Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles
Titre original : TOUCH OF EVIL (Etats-Unis)
Distributeur : Les Grands Films Classiques
Editeur DVD : Universal Pictures Vidéo

Sortie à la Vente en DVD le 02 Mars 2005
Sortie en salles le 23 Août 2006 (Reprise, Première sortie en 1958)


Synopsis :
À Los Robles, ville frontière entre les États-Unis et le Mexique, un notable meurt dans un attentat. L’enquête qui s’ensuit oppose deux policiers, Vargas, haut fonctionnaire de la police mexicaine, en voyage de noces avec sa jeune épouse américaine, Susan, propose aussitôt son aide au chef de la police locale, Hank Quinlan, peu amène vis-à-vis de ce fringant étranger. Dès lors, le couple est séparé : Vargas part avec les policiers pour les besoins de l’enquête et Susan est entraînée chez Grandi, un caïd local qui la menace. Les pressions exercées sur eux ne cessent d’augmenter.
Vargas échappe de justesse à une projection d’acide ; Susan de retour dans sa chambre d’hôtel, est harcelée par un voyeur. Excédée, elle demande à son mari de la conduire en sécurité, dans un motel américain.
Elle se retrouve bientôt piégée et violentée par le gang de Grandi, alors que Vargas, de son côté, assiste à la perquisition de l’appartement d’un sus- pect, Sanchez. La tension monte entre les deux policiers : Vargas s’oppose aux méthodes de Quinlan qui forge des preuves pour faire condamner celui que, par intuition, il estime coupable.
Déstabilisé, Quinlan sombre peu à peu, assassine Grandi pour inculper Susan de meurtre et, par ricochet, diffamer son mari. Pour innocenter sa femme, Vargas convainc l’assistant de Quinlan de trahir celui-ci au nom de la justice, en dépit d’une dette d’honneur. Relié par un micro, Vargas enregistre la conversation des deux hommes. Quinlan découvre le piège et tire sur son ancien ami qui réplique. Il s’effondre dans l’eau croupie. On apprend, finalement, que Sanchez était coupable.

Autour du film :
Depuis sa sortie en 1958, «Touch Of Evil» est devenu un film culte figurant parmi les meilleurs de ce siècle. Malgré cela, le film ne reflétait pas les intentions originelles de Welles. Déconcerté par les résultats, Universal appela le film «Touch Of Evil» et le distribua sans même le présenter à la presse. En juillet 1957, le Studio se chargea du montage et supprima certaines scènes, amputant ainsi le film de son intégrité.

Par un étrange concours de circonstances, 58 pages de notes prises par Welles en 1957 avant le tournage furent retrouvées. Une petite équipe constituée par un monteur et un mixeur, a utilisé ce remarquable document pour redonner à «Touch Of Evil» une version plus proche de celle pensée par Welles.
Les ennuis commencèrent pour Welles durant le montage, situation coûtumière pour lui. («Le seul film qui m’ait procuré une entière satisfaction est Citizen Kane»). Les gens de Universal trouvaient que le montage durait trop longtemps.

Durant un voyage de Welles à New-York, ils regardèrent le travail effectué et furent horrifiés. Ils attendaient un film conventionnel à petit budget. Le travail de montage et de caméra était novateur, le filmage inhabituel, l’utilisation du son inorthodoxe, les stéréotypes bafoués.

Après de violentes discussions entre le Studio et Welles, ce dernier prit ses distances avec Universal et, durant les six mois de remontage, il n’était plus autorisé à franchir le seuil de la salle de montage. Il ne vit qu’une seule fois le film auquel Universal avec ajouté quatre scènes destinées à apporter plus de clarté. La nuit suivant cette projection, Welles écrivit 58 pages pour le directeur du Studio, Ed Muhl. Quelques idées furent conservées mais la majorité de ses notes furent oubliées ou ignorées.

Welles, qui mourut en 1985, dit qu’il n’avait jamais revu le film, ce qui était peut-être mieux, étant donné que 15 minutes furent coupées après une avant-première ratée.
Malgré un échec commercial, «Touch Of Evil» rassembla des défenseurs parmi lesquels Jean-luc Godard et François Truffaut. Rick Schmidlin rechercha les 58 pages et les utilisa pour remonter «La Soif du Mal». Il expliqua à Walter Murch, son collaborateur sur ce projet que Universal, toujours en possession des droits, avait découvert que le négatif de la version de 1958 était en bon état, bien que certaines prises aient été détruites.
Ils avaient une copie au milieu des années 1970 qui comprenait les 15 minutes manquantes et la bande son originale avait été retrouvée, convenablement divisée en trois pistes (une pour le dialogue, une pour la musique et une pour les effets de sons). Ceci constitua évidemment un aspect crucial de leur entreprise.
L’équipe du laboratoire, dirigée par Bob O’Neil, fut en mesure de transférer digitalement certaines prises sur un nouveau négatif. L’équipe son, dirigée par Bill Varney, utilisa l’enregistrement digital afin de redonner sa clarté aux enregistrements âgés de quarante ans.

Sur le plan créatif, le film est maintenant construit différement, surtout sur le début, avec des suppressions, notamment des scènes ajoutées par le studio, des utilisations de musiques différentes, et beaucoup de coupes et de repositionnements servant à souligner et clarifier certains passages de l’histoire. «Les cinquante changements qui ont été apportés, n’ont pas transformé le film radicalement : nous n’avons pas trouvé l’équivalent d’une bobine comme pour «La splendeur des Amberson». Ce «Touch Of Evil» est juste une meilleure version du même film, c’est-à-dire plus en accord avec la vision du réalisateur, plus résonnante, plus claire. En d’autres mots, ce que cela aurait dû être dès le début.» écrit Walter Murch.

Bien que ce film soit plus en accord avec Welles, nous ne saurons jamais. Cette version suit scrupuleusement les notes de Welles. Comme il l’écrivait dans son mémo de 58 pages destiné au studio : «le but de ce mémo n’est pas de discuter chaque chose que j’aimerais voir dans la version finale, mais de vous faire part de ma conviction sur ce que devrait être le film, par rapport à ce qui me choque dans votre version».

NYT Archives articles - « Orson Welles » par Joseph McBride - Éditions Rivages/Cinéma

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