Posté le: Mar Sep 30, 2008 12:56 pm Sujet du message: [A voir] Blindness de Fernando Meirelles
Citation:
Un film de Fernando Meirelles
avec Julianne Moore, Danny Glover et Gael Garcia Bernal
Titre original : BLINDNESS (Etats-Unis)
Genre : Comedie Dramatique, Fantastique - Duree : 2H00 mn
Distributeur : Pathé Distribution
Sortie en salles le 08 Octobre 2008
Année de production : 2008
Présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes le 14 Mai 2008
D'après le roman L'Aveuglement de José Saramago (Prix Nobel de littérature en 1998)
Synopsis :
Le pays est frappé par une épidémie de cécité qui se propage à une vitesse fulgurante.
Les premiers contaminés sont mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté où ils sont rapidement livrés à eux-mêmes, privés de tout repère. Ils devront faire face au besoin primitif de chacun : la volonté de survivre à n’importe quel prix.
Seule une femme n’a pas été touchée par la « blancheur lumineuse ». Elle va les guider pour échapper aux instincts les plus vils et leur faire reprendre espoir en la condition humaine.
En deux films réussis, Fernando Meirelles s’est fait un nom à Hollywood ... deux films dénonciateurs aux sujets brûlants : The Constant Gardener et un peu avant La Cité des Hommes !
Et pour son tout dernier film, la critique frôle la "standing ovation" avec même, pour certains, des références des plus flateuses :
" Résultat ?Une tuerie. (…)Blindness capte, pour sa part, la chute d’une microsociété ves la barbarie façon Fincher."
Gaël Golhen (article entier disponible dans Première n°380, page 66.)
la bande-annonce (et bien plus encore) de Blindness :
Citation:
Autour du film :
Le roman, parabole profondément politique, est libéré des conventions du réalisme par le minimalisme de Saramago. Fernando Meirelles croit qu'il est possible d'avoir une lecture politique des événements de Blindness. Il avait été attiré par The Constant Gardener car il voyait dans ce projet une réaction à la manière dont les États-Unis tentaient d'empêcher le Brésil de produire des médicaments génériques moins coûteux.
Contrairement à la plupart des films, Blindness n’adopte pas un seul point de vue. Au début, c'est celui du réalisateur qui s’intéresse successivement à chaque nouvelle victime de l’épidémie. à l'hôpital, cela devient l'histoire de la femme du médecin puisqu'elle est la seule qui puisse voir. De prime abord, le médecin incarné par Mark Ruffalo dans Blindness peut être vu comme bon, humain et politiquement correct, alors que le Roi du Dortoir 3 peut paraître froidement opportuniste.
« Imaginez que le dortoir soit un pays et que son président veuille le protéger, à tout prix. S'il devait envahir d'autres pays ou voler de la nourriture et du pétrole pour son pays, il le ferait. L'autre président, le médecin du dortoir, ne fait pas ces choses-là. Alors, parce qu'il n'est pas agressif, son peuple ne mange pas. Est-ce bien ou mal ? Le roman suscite de nombreuses questions, mais ne délivre pas de réponses ; il soulève des interrogations sur l'évolution de l'homme, provoque chez nous la réflexion critique sans toutefois indiquer la moindre direction. Je pense que cet aspect du livre permet à chaque lecteur de projeter ses propres questions et toutes les interprétations possibles font sens » souligne Meirelles. « Je ne crois pas que nous soyons devenus aveugles. Je pense que nous l'avons toujours été. Des gens qui peuvent voir, mais ne voient pas.
Le voyeurisme, latent dans l'ouvrage de Saramago, est exacerbé lorsque l'histoire est transposée à l'écran. C'est peut-être la plus grande différence entre livre et film. Dans le livre, seule la femme du médecin peut voir ce qui se passe autour d'elle. Dans le film, si la femme du médecin est témoin, le public l'est aussi. « Comme la femme du médecin, nous observons les gens et cela pose la question de savoir s'il est humain de regarder sans agir » constate McKellar. « Vous êtes aussi confrontés à des choses que vous ne souhaiteriez pas forcément voir. Vous voulez la liberté de regarder ailleurs, de tourner la tête mais ce n'est pas permis. C'est de cela qu'il s'agit dans la position de la femme du médecin, tandis que son champ de responsabilités s'élargit. J'ai demandé à Saramago pourquoi elle avait mis si longtemps à agir ? Pourquoi elle n'était pas plus rapide ? Pourquoi, alors qu'elle voyait ce qui se passait, elle n'avait pas attrapé ses ciseaux et tué ? Il m'a répondu qu'elle prenait graduellement conscience de la responsabilité qui accompagne le fait de voir, d'abord pour elle, puis son mari, sa petite famille, son dortoir et enfin pour le monde où elle doit créer une nouvelle civilisation. C'est une responsabilité qu'elle ignorait. »
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