Posté le: Ven Aoû 15, 2008 1:33 pm Sujet du message: [Scène Culte] Le mépris - et mes fesses, tu les aimes ...
Citation:
Un film réalisé par Jean-luc Godard
avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli...
(France)
Genre : Drame - Duree : 1H43 mn
Editeur DVD : Studio Canal Video
Sortie à la Vente en DVD le 07 Mai 2007
Année de production : 1963
D'après le roman éponyme d'Alberto Moravia
Synopsis :
Paul Javal, scénariste, est engagé par le producteur Jérémie Prokosch pour travailler sur une adaptation de "L'Odyssée" que doit réaliser Fritz Lang. Entre Paul et sa femme Camille règne un certain malaise, celle-ci lui reprochant de manquer de caractère. Tous deux partent à Capri suivre le tournage des extérieurs. C'est bientôt la rupture…
Autour du film : note de Jean-Luc Godard
Le sujet du Mépris, ce sont les gens qui se ragardent et se jugent, puis sont à leur tour regardés et jugés par le cinéma, lequel est représenté par Fritz Lang jouant son propre rôle; en somme la conscience du film, son honnêteté. quand j'y réfléchis bien, outre l'histoire psychologique d'une femme qui méprise son mari, Le Mépris m'apparaît comme l'histoire de naufragés du monde occidental, des rescapés du naufrage de la modernité, qui abordent un jour, à l'image des héros de Verne et de Stevenson, sur une île déserte et mystérieuse, dont le mystère est inexorablement l'absence de mystère, c'est à dire la vérité. Alors que l'odyssée d'Ulysse était un phénomène physique, j'ai tourné une odyssée morale : le regard de la caméra sur des personnages à la recherche d'Homère remplaçant celui des dieux sur Ulysse et ses compagnons. Film simple et sans mystère, film aristotélicien, débarrassé des apparences, Le Mépris prouve en 149 plans, que dans le cinéma comme dans la vie, il n'y a rien de secret, rien à élucider, il n'y a qu'a vivre - et à filmer.
Avouons-le ... j'ai toujours eu du mal avec le cinéma de Godard (il n'est qu'à lire la note ci-dessus pour se faire une petite idée du "sens caché" de son oeuvre !)
Toutefois, il a parfois su me toucher avec des scènes inoubliables comme celle de Brigitte Bardot allongée nue sur le ventre en ouverture du film Le Mépris
Après, laissons à d'autres le soin d'ergoter ...
Jean-Louis Bory écrit : « Le véritable Et Dieu… créa la femme, c'est Godard qui l'a tourné, et cela s'appelle Le Mépris. Je ne cherche pas à démêler — et peu m'importe — si Godard a respecté ou non le roman de Moravia, ou si Losey eût fabriqué un film plus moravien que Godard. Le Mépris que nous voyons, c'est du pur Godard, et, je m'empresse de le dire, de l'excellent Godard. Le prétexte, l'objet du film, plus que le roman italien, c'est BB. Ce que Vadim a imaginé dans son premier film, mais n'a plus été capable de réaliser, ce que Louis Malle a raté dans Vie privée, Godard l'a réussi. Le Mépris est le film de Bardot, parce qu'il est le film de la femme telle que Godard la conçoit et telle que Bardot l'incarne. Si le phénomène Bardot doit représenter plus tard quelque chose dans l'histoire du cinéma, au même titre que Garbo ou Dietrich, c'est dans Le Mépris qu'on le trouvera. Je ne sais dans quelles conditions le tournage a eu lieu ni si Bardot et Godard se sont bien entendus. Le résultat est là : il y a rarement eu entente aussi profonde (consciente ou non — consciente, je suppose, chez Godard) entre une actrice et son metteur en scène. »
le lien vers la scène culte du "Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ..." de Brigitte Bardot dans Le Mépris :
Histoire de la première scène :
La première version du film n'a pas du tout plu aux producteurs américains... En effet, la présence de Brigitte Bardot étant un atout majeur pour la production américaine, il était dès lors incompréhensible et inacceptable que le final-cut de Godard ne comprenne pas de scènes de nu de l'actrice française... Jean-Luc Godard, furieux, revoit alors sa copie... Merveilleuse réponse qu'est cette séquence d'ouverture où Bardot, allongée nue sur le ventre près de Michel Piccoli, parle de son addiction, du besoin du regard de l'autre. « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? Et mes cuisses, tu les aimes mes cuisses ? ». Cette série de questions est évidemment aussi posée aux producteurs...
Toujours pour la petite histoire, le grand compositeur Georges Delerue signe ici une de ses partitions les plus connues, citée ou reprise dans plusieurs autres films, notamment Casino de Martin Scorsese. _________________ Blog - le cinéma de ... lesbellesmanieres
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