lesbellesmanieres toutmoncine[admin]

Inscrit le: 28 Aoû 2007 Messages: 720 Localisation: nanterre
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Posté le: Mer Oct 10, 2007 11:41 am Sujet du message: L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford |
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Un film de Andrew Dominik
avec Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard, Mary Louise Parker...
Titre original : THE ASSASSINATION OF JESSE JAMES BY THE COWARD ROBERT FORD (Etats-Unis)
Genre : Action, Western - Duree : 2H39 mn
Distributeur : Warner Bros
D'après le livre de Robert Hansen.
Coupe Volpi de la Meilleure Interprétation Masculine à la 64ème Mostra de Venise pour Brad Pitt.
Sortie en salles le 10 Octobre 2007
Synopsis :
Voici la véritable histoire de Jesse James, le tireur le plus rapide de l'Ouest. Alors que le célèbre desperado, accompagné de son gang, prépare un nouvel hold-up, il doit également faire face à ceux qui se sont mis en tête de l'éliminer, pour une belle somme d'argent... Une guerre sans merci s'ouvre alors, mais finalement, le véritable ennemi n'est peut-être pas là où on l'attend. Jesse James se méfie de plus en plus de ce jeune flingueur, un peu trop envieux, qui vient de rejoindre ses rangs... |
lien vers le site officiel du film : http://wwws.warnerbros.fr/assassinationofjessejames/
La légende du tireur le plus rapide de l’ouest revisitée par Andrew Dominik, réalisateur du déjà très remarqué « Chopper » (2001) - Grand prix du Jury au Festival Du Film Policier De Cognac 2001
Une fois n’est pas coutume … je ne résiste par à vous livrer ici l’intégralité de la critique dénichée sur l’excellent site culturel « evene »
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La critique [evene]
le 04 Octobre 2007 par Mathieu Menossi
On l’aura compris : l'intérêt du film ne repose pas sur son issue. Non, sa force est ailleurs. Andrew Dominik nous invite à traverser une ahurissante fresque psychologique, en pleine époque victorienne. Le regard de la caméra est explicitement subjectif. Un choix que suggèrent les ambiances brumeuses ou les plans filmés à travers des vitres. La photographie est somptueuse, alternant les clairs-obscurs menaçants et la luminosité des grands espaces. L’image est enveloppée dans un voile d'onirisme où les silences à la richesse insoupçonnée invitent à la réflexion. Préférant les nuances froides d’un gris bleuté au jaune or et rouge sang d'un Sergio Leone, le film développe une formidable et déconcertante qualité esthétique. Brad Pitt, les cheveux bruns, le teint pâle, froid et fatigué, habite un Jesse James spleenétique, animé d'une mélancolie majestueuse. Digne dans sa résignation, il attend avec sérénité son ultime soupir. L’acteur, déconcertant de vulnérabilité, bien loin de l’impulsivité d’un David Mills (‘Seven’) ou de l’agitation d’un Tyler Durden (‘Fight Club’), dégage une dimension théâtrale inattendue. Casey Affleck, l'allure innocente et gracile, incarne ce Robert Ford torturé, frustré et ambitieux. La mise en scène repose entièrement sur l'ambiguïté des deux personnages. Jesse James, conscient du danger que représente le jeune Robert Ford, semble pourtant nourrir pour lui une amitié presque paternelle. Quant à Robert Ford, on le sent tiraillé entre sa passion dévorante pour son héros et son désir de reconnaissance. Le film est en effet très fortement marqué par cette confusion qui procède tant des choix artistiques que du jeu fantastique des acteurs. ‘L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford’ est un western contemplatif se rapprochant plus du film d'auteur que de la traditionnelle fresque épique. Un face-à-face mental vertigineux où les meurtrissures de l'âme supplantent la violence des armes.
La note [evene] : 4 étoiles |
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Anna toutmoncinephile

Inscrit le: 29 Oct 2007 Messages: 36 Localisation: Bordeaux
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Posté le: Dim Aoû 10, 2008 2:02 pm Sujet du message: |
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Ah, quel film ! Voici la critique que j'avais publié sur mon blog à l'époque :
D'ordinaire, j'affectionne les films courts, concis, sans chichi, qui vont droit au but. J'aime au cinéma que rien ne soit gratuit ou superflu, que tout soit essentiel. L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, à l'image de son titre, est d'une longueur considérable, et pourtant, c'est bien le cas. C'est un film parfait, qui ne pouvait être autrement. Atteindre ce résultat fut difficile puisque le réalisateur Andew Dominik l'a remonté une bonne trentaine de fois, l'a considérablement coupé (il durait quatre heures !) pour n'en garder que la substantifique moëlle. Et ça marche : tout dans ce film n'est rien que du beau, du grand cinéma.
Il est difficile d'en parler tant sa substance semble insaisissable : il y a quelque chose dans le regard de Jesse James perdu dans ses méandres existentiels, quelque chose dans le vent caressant les paysages désertiques ou enneigés, quelque chose dans la tension qui règne entre les personnages, quelque chose dans la cruauté de leur destin qui respire le sublime (presque au sens kantien : une beauté à couper le souffle, qui nous écrase de toute sa puissance signifiante) et le génie. On avait beau être prévenu que L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford était un western pas comme les autres, rien ne laissait présager un objet aussi singulier. Le film n'est en aucun cas un hommage ni à John Ford, ni à Sergio Leone ni à tout autre grand faiseur de western. Il porte la marque unique d'un réalisateur que l'on n'attendait pas, et qui fera sans aucun doute de grandes choses.
La photographie est ahurissante, somptueuse, dans l'obscurité menaçante comme dans la lumière aveuglante des grands espaces de l'Ouest. La mise en scène de Dominik est d'une précision, d'une finesse incroyable. Celui-ci ne fige jamais son chef-d'oeuvre dans une banale contemplation et une lenteur estampillées film d'auteur, il trouve un souffle qui est le sien. Le nombre des fusillades est ici réduit au strict minimum, l'énergie et l'intérêt de l'action reposent sur une tension inhérente aux personnages eux-mêmes, à leur complexité, à leur humanité. Le rythme du film d'Andrew Dominik est méditatif, contemplatif mais lent, jamais, car l'ennui est totalement absent, tant chaque scène respire la puissance, la beauté et fait sentir son caractère essentiel. Le suspense n'a pas ici lieu d'être, L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (titre improbable et génial) est une véritable tragédie en ce sens qu'il mène les personnages vers une fin connue de tous, vers un destin inéluctable.
Le film atteint une sorte d'abstraction au moment indéfinissable où les personnages, si passionnants qu'ils soient, semblent dépassés par une résonance supérieure, par des ouvertures métaphysiques universelles. Jesse James devient presque un personnage conceptuel, à travers le regard duquel le film prend tout son sens : le regard de celui qui sait que la mort l'attend, et qui fait tout, même, pour qu'elle arrive au moment où il l'a souhaité. Comme pour la vaincre. Robert Ford, petit cow-boy de seconde zone en quête de gloire, n'est que l'instrument qui permettra la naissance de la légende de Jesse James. Une véritable méditation sur la mort et l'immortalité, d'une intelligence rare, se fait jour sous les yeux du spectateur.
Les interprètes font partie intégrante de ce tout essentiel que forme le film : Brad Pitt (prix d'interprétation à Venise) a évacué ses quelques tics agaçants pour incarner avec minimalisme et subtilité une ordure rattrapée par sa propre conscience. Casey Affleck est quant à lui absolument exceptionnel et mériterait toutes les récompenses de la terre tant il donne vie à son personnage sans le vider de son être : le mystère de Robert Ford reste insondable. Entre eux, un face-à-face psychologique informulé mais vertigineux, dans lequel les blessures spirituelles prennent plus de valeur que toute violence physique.
Sans être jamais vraiment charnel ou sensuel, L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford s'impose comme une oeuvre monumentale, qui prend aux tripes, fait bouillonner les esprits et déclenche des flots de mots au final assez impuissants, qui ne traduisent jamais qu'imparfaitement sa beauté et le foisonnement infini de ses sens et de ses idées de génie. _________________ C'est mon opinion et je la partage !
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