Anna toutmoncinephile

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Posté le: Dim Fév 24, 2008 4:17 pm Sujet du message: La leçon de Piano, 1993, Jane Campion - Palme d'Or |
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Date de sortie : 19 Mai 1993
Réalisé par Jane Campion
Avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill
Film néo-zélandais, australien, français.
Genre : Drame
Durée : 2h 1min
Palme d'or - Festival de Cannes
Au siècle dernier en Nouvelle-Zelande, Ada, mère d'une fillette de neuf ans, s'apprète à suivre son nouveau mari au fin fond du bush. Il accepte de transporter tous ses meubles à l'exception d'un piano qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant supporter cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier. Regagner son piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies.
Le genre : mélo grotesque
Je n'adhère pas du tout. Vraiment pas. Jane Campion, d'ordinaire réalisatrice de talent, nous livre ici un film aux bonnes intentions, muni de quelques débuts d'idée, mais qui n'a brillé pour moi que par sa vulgarité et la médiocrité de son propos. Bien sûr, c'est très (trop ?) joli dans l'ensemble (costumes et décors), certes il y a quelques beaux moments, Campion sait tenir une caméra, pas de doute là-dessus. Oui, certains symboles sont d'une grande puissance, même s'ils ont tendance à être trop répétés (le piano sur la plage, les mains d'Ada). Et oui, Holly Hunter offre une performance plus que convaincante pour ce rôle difficile, son prix d'interprétation à Cannes est mérité. Mais non. Au bout du compte, La leçon de piano est un film assez nombriliste qui semble nous crier « regardez comme mon sujet et mon personnage sont géniaux ». Certes oui mais leur traitement est non seulement d'une banalité sans nom (qu'apporte le handicap du personnage à l'intrigue ?) mais aussi d'une grossièreté rare. La première heure passe encore : le personnage d'Ada relativement touchant, la belle idée du piano vendu touche par touche et la montée d'un désir plutôt malsain laissaient présager un mélo pas déshonorant. Mais je ne peux pas adhérer à la dérive « syndrome de Stockholm version Harlequin » du scénario, qui fait de ce Piano le film le plus anti-féministe que j'ai vu depuis longtemps (j'imagine pourtant que ce n'était pas l'intention de la réalisatrice) : Ada tombe tout de même amoureuse du type qui lui faisait du harcèlement sexuel ! Que la libération sexuelle et sentimentale d'une femme passe par un quasi-viol, c'est quand même un comble... Cet aspect véritablement malsain, additionné aux rebondissements souvent grotesques et à un happy end très malvenu, m'a fait détesté la deuxième heure du film. Les situations y sont gratuites et incohérentes, la cruauté que l'on veut nous faire ressentir est de l'ordre du grotesque : le doigt coupé que la fille d'Ada porte à son amant, et pire, Ada chutant dans l'eau entraînée par son piano (le pire, c'est qu'elle n'en meurt pas...). A l'exception d'Ada, qui possède une petite épaisseur (merci Holly Hunter), les personnages sont inintéressants au possible, le mari comme l'amant, sans parler de la fillette insupportable. Quant aux dix dernières minutes assez stupides, elles ne font que démontrer que La leçon de piano n'est au bout du compte que l'histoire conventionnelle et plutôt niaise d'un amour compliqué, comme on en a vu mille. Mais cette perversité larvée est vraiment insupportable. En tout cas je ne vois dans ce film ni « romantisme à fleur de peau » ni « drame passionnel d’une beauté rare », mais prétention, ennui, vulgarité. En plus de ça, la musique est de la pure guimauve. _________________ C'est mon opinion et je la partage !
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